Amis lecteurs, bonjour de Cuzco !
Nous y sommes arrivés lundi depuis Puno : une bonne journée dans le bus, ça faisait longtemps… Mais ne nous plaignons pas, on a été surclassé après une tentative d’embrouille probable (mais avortée) et une courte négociation.
Que faut-il savoir sur Cuzco ? Pour les incas, il s’agissait du nombril du monde puisque la ville est la porte d’entrée (pas la seule en fait, mais la plus connue) dans la Valle Sagrada (vallée sacrée, où se trouve entre autres le fameux Machu Picchu). Aujourd’hui, la ville est plus que prospère et s’apparente par endroit à un piège à touristes fortunés. Mais elle a aussi conservé des très belles reliques de la période pré hispanique (et aussi de la période hispanique, il faut bien l’avouer), et c’est pour ça qu’on est là. Au programme, donc, des contradictions à la pelle : des cathédrales bâties sur des anciens temples incas, des mamitas en costume traditionnel qui proposent de les prendre en photo pour un sol, des Mc do dans d’anciens bâtiments de pierre incas, etc.
Bon, on y arrive donc de nuit lundi et, après avoir déposé nos sacs, on sort manger dans une cantina proche : rien de spécial à signaler. Mardi, on découvre la ville de jour, très belle : de longues rues bordées de bâtiments en pierre, des balcons de bois sculptés, des arcades de pierre, une place centrale animée et encadrée d’églises, … Bref, ça nous plaît. Au passage, on en profite pour organiser notre visite du Machu Picchu (il y aurait à dire sur notre vocation de faussaires. Mais, faute de résultat probant, passons…). Allez, quelques photos de Cuzco :
Panorama de Cuzco, depuis les hauteurs
Le lendemain, direction la vallée sacrée : Pisaq, précisément, à 1h environ de Cuzco. En réalité une heure de stress intense en compagnie d’un pilote (le mot est faible) de colectivo à travers les montagnes. Pourquoi Pisaq ? Parce qu’on y trouve une spectaculaire citadelle inca perchée sur un plateau rocheux. Oui mais elle se mérite. Plusieurs options : prendre un taxi pour arriver en haut du plateau (on s’y refuse) puis visiter le site à pied ; faire l’aller-retour en bus (toujours non) ; tout faire à pied : on vote pour. On commence donc notre ascension (rude, abrupte, spectaculaire, quasi verticale par endroit) au milieu des énormes terrasses incas : impressionnant. Après un peu plus de deux heures de lutte acharnée (on a peiné, vraiment !!), on arrive sur le site, beaucoup plus grand que ce à quoi on s’attendait. Pisaq servait à contrôler la vallée ainsi qu’un col menant à la jungle. On y trouve un centre cérémoniel composé de plusieurs temples, un observatoire astronomique, des canaux d’irrigation, des bains cérémoniels, et une zone militaire. Le tout est réparti sur un espace gigantesque, à flanc de falaises vertigineuses. L’architecture est admirable, les terrasses sont absolument impressionnantes (on se demande bien comment les incas ont fait pour modeler à ce point la montagne, les blocs de pierre sont gigantesques pour certains). Bref, on passe de longues heures à explorer les ruines de Pisaq. Lorsqu’on se décide à redescendre, on a bien mal aux jambes : beaucoup de kilomètres et des centaines de mètres de dénivelé abrupt. Au passage, avez-vous remarqué sur les photos comme on a maigri ? Non, non ce n’est pas la turista, ne soyez pas déçus : seulement des centaines de kilomètres de marche à pied. Bref, des photos du site de Pisaq :
Panorama de Pisaq et de la vallée du Rio Vilcanota
Jeudi, on décide de visiter quatre sites incas aux alentours de Cuzco. Fatigué de la veille, on choisit de rejoindre le site le plus éloigné en minibus et de revenir à pied. Manque de chance, c’est jour de grève : pas de bus, aucune activité en fait. En réalité, les rares voitures qui circulent sont la cible des projectiles des manifestants. Pas jouasses, les péruviens en grève... Pas franchement rassuré, on décide de rejoindre à pied le site le plus proche de la ville : Sacsayhuaman. Le site (dont il ne reste qu’environ 20%, le reste ayant été détruit par... vous savez qui) est un ancien fort militaire qui protégeait Cuzco. Il comporte trois rangées de murailles en zigzag (22 angles, symbolisant les dents d’un puma). Au plus fort, 5000 soldats vivaient dans cette vaste zone. Notez comme les murs de pierre ressemblent à un décor de cinéma. On dirait presque la masure de Gargamel (désolé, il faut quelques références pour suivre…). On a vraiment été bluffé et on n’a toujours pas de réponse quant aux techniques de construction incas. Les blocs (le plus imposant du site pèse plus de 300 tonnes) s’emboitent à la perfection malgré leurs irrégularités. Sachez d’ailleurs que les incas étaient capables de construire des châteaux d’eau en pierre. Impressionnant, non ?
Bien lancé, on poursuit notre rando vers trois autres sites incas, en s’éloignant de plus en plus de Cuzco :
- Q’enqo (qui signifie labyrinthe) : un grand rocher calcaire criblé de niches, d’escaliers et de sculptures.
- Pukapukara : on atteint le site après quelques bons kilomètres à travers de chouettes paysages campagnards. Pukapukara est probablement un ancien pavillon de chasse ou un poste de garde ou une halte pour les voyageurs, ou les trois.
- Tambomachay : un bain cérémoniel. L’eau provient d’une source de montagne et s’écoule dans des canaux qui fonctionnent toujours.
Bref, arrivé à Tambomachay, on est bien échauffé et on choisit donc de rentrer à pied. Demi-tour, marche, et direction Cuzco. Comme on est hardi et en forme, on s’offre le luxe d’un détour dans la campagne pour visiter le temple de la Lune (un de plus, sûrement pas le dernier). On finit notre descente sur Cuzco par un passage au Cristo Blanco, point de vue sur la ville que l’on quitte rapidement en raison de la fréquentation : on a des courbatures, on n’est plus d’humeur. Bref, on poursuit cette journée bien remplie (encore une bonne grosse vingtaine de kilomètres) par une douche bien chaude et une bière largement méritée. Des photos de cette rando, de Sacsayhuaman, Q’enqo, Pukapukara, Tambomachay et du Templo de la Luna :
Sacsayhuaman, Q’enqo, Pukapukara, Tambomachay, le Templo de la Luna et quelques-uns des paysages traversés
Aujourd'hui (vendredi), direction Ollanaytambo, dans la vallée sacrée, pour nous rapprocher du Machu Picchu. D’autres sites incas intéressants et d’autres randos à travers de chouettes paysages nous y attendent. On vous racontera ça.
Portez-vous bien !