Amis lecteurs, bonjour (de loin quand même, on est sûrement encore un poil contagieux) d'Arequipa, nouvelle étape de notre découverte du Pérou. Avant toute chose, sachez que cet article ne sera probablement pas le plus étoffé de la série. En cause, une méchante turista contractée au retour du Machu Picchu (faut-il y voir la conséquence d'une quelconque malédiction inca?) qui nous a fait bien mal et nous a cloués au lit pendant plusieurs jours. Nous avons tout de même opéré quelques sorties hasardeuses et en général rapidement avortées. Parfois à deux, parfois en solitaire, en fonction de l'état de chacun. On retient quand même le maire, qui a pris soin d'omettre certains détails lorsqu'il nous a proposé, il y a bientôt un an, de tout partager. Sans regret toutefois!
Bref, pas simple de découvrir une ville dans ces conditions. Notez que tout va mieux, enfin! Cela dit on s'attendait bien à ce que ça arrive un jour, ne soyons pas naïfs... On s'estime même plutôt chanceux de n'avoir pas rencontré de souci pendant les premiers mois de notre périple. Merci au passage à Annie qui nous a chargé d'un bon kilo de médicaments en tout genre. On a pesté quand on les a eus sur le dos. On sait désormais pourquoi on les a portés (enfin, pas tous encore, hein...).
Que retenir d'Arequipa? La ville, qui compte pas loin de 900 000 habitants est la deuxième plus importante du pays, après Lima. Elle est encerclée par trois volcans spectaculaires qui tutoient les 6000 mètres, dont El Misti, parfaitement conique, à 5825 mètres (joli). Le centre historique d'Arequipa est classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2000, notamment pour ses nombreux bâtiments en sillar, une pierre volcanique blanche. Mis à part son sympathique aspect, le sillar semble aussi permettre la construction d'édifices qui résistent bien aux tremblements de terre, fréquents dans le coin. Le dernier (important) en date, en 2001, a causé d'importants dégâts. Entre autres, l'une des tours de la très belle cathédrale s'est effondrée tandis que l'autre a fini un peu bancale. Qu'à cela ne tienne, les habitants, opiniâtres, ont réglé le problème en un an. Au passage, il s'agissait de la troisième reconstruction du bâtiment depuis 1656 (incendies, séismes). Rassurez-vous, on a bien senti quelques secousses pendant notre séjour mais on les a rapidement inscrites au crédit de la turista plutôt qu'à celui de la tectonique des plaques.
Bon, qu'avons nous vu pendant ces quelques jours? La Plaza de Armas, très chouette avec ses arcades et la fameuse cathédrale (ainsi que son musée où le montant du pourboire du guide est indiqué...) derrière laquelle se découpe El Misti; l'iglesia de la Compañia de Jesus, et sa façade en sillar ouvragé; le Museo Arquelògico de la Universitad Catòlica de Santa Maria (rien que ça), qui renferme notamment une impressionnante momie inca congelée découverte sur l'un des volcans; l'immense dédale du Monasterio de Santa Catalina, une ville dans la ville, aux rues très colorées. Et... c'est à peu près tout... On a aussi passé beaucoup de temps à dormir, manger du riz et des bananes, boire du coca, lire, regarder des films et tout un tas d'autres choses dont la description n'a pas sa place dans un blog d'aussi bon goût. Allez, des photos de tout ça:
Après avoir écumé la ville sous le soleil (300 jours de soleil par an), on décide quand même de s'en éloigner un peu pour faire une tentative de sortie à la journée. Direction Corire donc, à 2h30 de bus d'Arequipa, au milieu du désert. Précisons que nous sommes dans la région des canyons péruviens, qui consiste en un plateau absolument désertique fendu de vallées encaissées au fond desquelles se développe un peu de verdure. On arrive donc à Corire, et on marche quelques kilomètres en direction de Toro Muerto (taureau mort, en hommage aux bêtes qui meurent de soif pendant la transhumance), et ses pétroglyphes. Le site, découvert en 1951 seulement, contient environ 5000 pétroglyphes sur 5 km². Une fois sortis du bus, on traverse la vallée à pied pour rejoindre Toro Muerto (une oasis au milieu du désert: vignes, rizières, maïs, etc, tout cela rendu possible par la rivière qui coule là et les canaux d'irrigation) puis on monte pour en sortir. Changement de décor: sable, soleil de plomb, pierres volcaniques laissées là par les éruptions passées et pas une goutte d'eau. En bref, un paysage lunaire. Quelques kilomètres de plus nous amènent à Toro Muerto. Chaque pierre ou presque est gravée de dessins d'animaux (condors, lamas, vigognes, pumas, serpents, ...), d'humains ou de motifs géométriques. Les interprétations les plus fréquentes parlent d'un culte de l'eau et de la fertilité. Toujours est-il que les pétroglyphes sont attribués aux huaris (une civilisation pré-inca) et qu'ils datent de 1200 environ.
On serpente donc entre les pétroglyphes jusqu'à ce qu'un petit vent assassin ne se lève. Résultat: on se fait sabler les jambes et le visage et on redescend dans la vallée. Arrivé là, les douleurs dans nos jambes nous font remarquer qu'on n'a pas marché depuis un moment et qu'on est un peu moins en forme. Par chance, un péruvien nous fait fait survoler les quelques kilomètres qui nous séparent de la ville d'un bon coup de pickup américain. De là, retour à Arequipa en bus.
Panorama du désert de Toro Muerto
Voilà pour Arequipa, on décolle (dans la mesure où un bus est capable de voler) dans quelques heures pour le Canyon de Colca et on vous fera partager ça.
Bisous à tous!