Bonjour à tous!
Quelques nouvelles de San Pedro de Atacama où nous avons passé quelques jours. Comme son nom l'indique, la ville se trouve au cœur du désert d'Atacama. Soyez sereins en entamant votre lecture, cet article, contrairement au précédent, comportera plus de photos que de texte. Toutefois, et parce-qu'un poil de culture ne nuit jamais, quelques précisions sur le désert en question. Comme nous l'écrivions, Atacama est le désert le plus aride au monde. Il est coincé entre la fosse océanique d'Atacama et la Cordillère des Andes, encore elle. A l'ouest se trouve donc une barrière de volcans tutoyant ou dépassant les 6 000 mètres d'altitude.
Les températures fluctuent énormément, oscillant entre -5°C la nuit et 25 à 35°C le jour. Les variations saisonnières sont minimes puisqu'on se trouve à proximité (quelques dizaines de kilomètres) du tropique du Capricorne. Rappelons que, comme il se doit dans un désert digne de ce nom, les précipitations sont quasi inexistantes (0,8 mm / an à Arica).
Que se passe-t'il dans un lieu aussi inhospitalier? Pas grand chose, au niveau activité végétale s'entend. Atacama accueille les deux sites où l'on trouve l'activité organique la plus faible de la planète. Du coup, la NASA y a testé différents engins destinés à l'exploration de Mars. Pratique pour vérifier la capacité d'un prototype à découvrir des bactéries et des lichens au milieu de rien. D'autre part, grâce à la sécheresse du lieu et comme la pollution lumineuse y est minime, le désert accueille un gros paquet d'observatoires astronomiques.
Enfin, Atacama est riche en ressources naturelles: cuivre, fer, or, argent, salpêtre... Ce qui en a fait un haut lieu de la rivalité entre le Chili d'un côté, soutenu par le Royaume-Uni, et le Pérou et la Bolivie, soudés par un traité de défense. La guerre du Pacifique est d'ailleurs surnommée guerre du salpêtre (cf l'article précédent et le Morro de Arica). Toutefois, ces ressources naturelles sont nettement moins exploitées aujourd'hui, bien qu'il reste plusieurs mines en activité.
Pour finir, sachez que le WWF décrit le désert d'Atacama comme une écorégion terrestre qui appartient au biome des déserts et brousses xériques de l'éconozone néotropicale. Joli!
San Pedro de Atacama, maintenant. San Pedro se trouve dans le bassin du salar d'Atacama, à 2300 mètres d'altitude. Si la ville s'est développée là, c'est parce-que s'y écoulent deux rivières. Des ruisseaux régulièrement asséchés en fait. Mais ils permettent, moyennant un système de canaux d'irrigation, de faire pousser un peu de verdure. Vue des montagnes environnantes, la ville s'apparente à une grosse tâche verte au milieu d'un océan de sable et de roches. Impressionnant! San Pedro, fondée par les Atacamas, une culture à l'artisanat et à l'agriculture très développés pour l'époque, existe depuis bien avant l'ère inca. Les premiers habitants y sont arrivés (ou y ont échoué) il y a 11 000 ans. La colonisation espagnole remonte au XVIème siècle, lorsque Valvidia, après avoir traversé le désert (coriace) transforma San Pedro en village colonial.
Bon, bref, on arrive à San Pedro le 25 octobre, en deux étapes. D'abord, Arica - Calama, de nuit. Au passage, on se fait réveiller vers 3h du matin: contrôle douanier. Panique à bord, pourquoi change-t'on de pays?!? En fait, le Chili pratique le contrôle douanier aux frontières entre ses régions... Tout va bien, on se rendort sereinement. De Calama, deux heures de plus nous conduisent à San Pedro de Atacama. On s'attendait à ce que les tarifs soient élevés puisque la ville est le centre touristique de l'Atacama. Première confirmation, ils sont prohibitifs! On savait aussi qu'il serait difficile de visiter le secteur de façon autonome, faute de transports en commun. Seconde confirmation. Nous sommes donc obligés de passer par les agences touristiques, ça coûte un bras et franchement, c'est pas notre tasse de thé, mais soit, une fois n'est pas coutume!
Voici donc comment nous avons occupé notre séjour à San Pedro: le jour de notre arrivée, on opte pour une visite de la Valle de la Luna, vallée absolument désertique qui porte bien son nom en raison de ses dunes et de ses paysages façonnés par le vent. On profite aussi du coucher de soleil sur la vallée de la Muerte, à proximité, en sirotant du pisco (avantage du circuit organisé, soyons magnanimes). Les photos:
Le lendemain, réveil aux aurores (4h) pour une visite du champ de geysers d'el Tatio, à une centaine de kilomètres de San Pedro. Pourquoi aux aurores? Parce-qu'après 8 ou 9h du matin, les geysers sont encore en activité mais la vapeur qu'ils relâchent n'est plus visible en raison de l'élévation de la température. Arrivé sur place, on peut confirmer qu'il fait toujours aussi froid de nuit dans la cordillère. L'altitude n'arrange rien: 4300 mètres. El Tatio compte environ 80 geysers, ce qui en fait le plus grand site de ce type en Amérique du Sud (le 3ème au monde). Une station géothermique expérimentale y fut installée dans les années 70, puis abandonnée en raison des difficultés techniques rencontrées. Notez qu'à cette altitude, l'eau bout approximativement à 85°C.
Les photos:
Panorama d'une laguna à proximité d'el Tatio
En fin de matinée, on s'en retourne vers san Pedro sans parvenir à échapper à la traditionnelle visite du village typique de l'altiplano recréé de toutes pièces pour les touristes de passage... Passionnant!
On repart dans l'après-midi pour le salar d'Atacama. D'ailleurs, notez que lorsque vous voyez du blanc sur les photos, c'est immanquablement du sel et certainement pas de la neige, à part sur les sommets. Dans le salar, on passe par plusieurs lagunas d'eau salée. Première étape, la laguna Tebinquiche, 15 à 20 cm d'eau au dessus d'une bonne couche de sel et des couleurs absolument magnifiques:
S'ensuit un passage par les Ojos del Salar, deux trous d'eau salée au milieu du désert (surprenant) dans l'un desquels le moins frileux d'entre nous pique une tête:
Pour finir, nous découvrons la laguna Cejar. La concentration en sel est encore plus élevée que dans les deux précédents. On y flotte ainsi sans effort (sur le principe de la plus célèbre Mer Morte) et croyez nous, la sensation est vraiment troublante. Par contre, ça gratte un poil en sortant mais heureusement, autre avantage du circuit organisé, le guide a apporté un pulvérisateur rempli d'eau (douce celle-ci) pour nous rincer sommairement (+ le désormais classique pisco du coucher de soleil).
Quelques photos:
Le lendemain, on s'affranchit des agences de tourisme pour découvrir Pukara de Quitor en solo. Le site se trouve en effet à seulement quelques kilomètres de San Pedro de Atacama, contre plusieurs dizaines pour les précédents. On randonne donc jusque là, sous un soleil de plomb, fatal à celui qui a le crâne rasé.
Pukara est un site archéologique (classé monument national) pré-colombien. Il servit de point de rassemblement pour les peuples du désert, notamment en cas de catastrophe naturelle (tremblement de terre, ...) avant d'accueillir la rébellion contre les conquistadors.
Après l'avoir visité, on continue notre ascension en direction d'un point de vue qui offre un joli panorama sur le désert et la cordillère d'un côté et la cordillera da sal de l'autre. Les photos de cette belle journée anniversaire:
Là-dessus, on rentre et, pour fêter dignement notre premier anniversaire de mariage, on confectionne les meilleures pâtes aux poivrons que la terre ait jamais portées. On vous donne rendez-vous à la Serena, au bord du Pacifique, dans quelques jours. Nous sommes en effet retournés à Calama, dont nous vous écrivons, pour prendre un bus en direction du sud.
Gros bisous!