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Bonjour d’Ushuaia, en Argentine! La ville la plus australe de la planète.

Nous y sommes arrivés samedi et, comme il se doit, nous y reviendrons dans un article. Mais avant ça, laissez nous vous relater le trek auquel nous avons survécu dans le Parque Nacional Torres del Paine, à une centaine de kilomètres de Puerto Natales. En pleine Patagonie chilienne, donc.

Quelques infos sur le Torres (tours) del Paine, qui a été créé en 1959 sur le territoire d’une gigantesque estancia spécialisée dans l’élevage de moutons.  Il s’agit d’un immense massif de pics granitiques, les fameuses tours, qui s’élèvent à 3 000 mètres au-dessus de la steppe patagonne. On y trouve aussi, histoire de tromper la monotonie, de nombreux lacs, des torrents rugissants, des forêts torturées par le vent et plusieurs glaciers. Qui plus est, le parc fait partie des réserves de la biosphère de l’Unesco, ce qui permet d’en protéger la faune : nandous, condors des Andes (qui ne vivent donc pas seulement au-dessus de 4 000 mètres d’altitude… cf l’article sur Colca: mea culpa), guanacos, pumas et bien d’autres. Cerise sur le gâteau, des sentiers serpentent à travers les montagnes tandis que des refuges et campings permettent d'y programmer facilement des ballades de plusieurs jours.

En bref, on se réjouit de s’y organiser une petite rando de cinq jours (le parcours en W, pour ceux qui connaissent). Au regard des tarifs indécents des dortoirs en refuge, on opte pour le camping. Mais, pas extrémistes non plus, on choisit de prendre les petits déjeuners et les dîners dans les refuges afin d’alléger un peu les sacs. Nous voici donc partis lundi (18/11) à 7h du matin. Pas encore bien réveillés mais déjà motivés. Avant de continuer, et si vous souhaitez en savoir plus sur notre parcours, vous pouvez consulter la carte du Torres del Paine :

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Plan des sentiers du Parque Nacional Torres del Paine

Vers midi, on arrive à notre point de départ: Sede administrativa CONAF (sur la carte, c'est au bord du Lago Toro). On se propose de rejoindre le camping de Paine Grande pour y planter la tente. Faux départ: notre descente du bus coïncide (à la seconde) avec l’apparition des premières gouttes… Bon, on se doutait bien qu’on allait prendre la pluie. La seule question était de savoir à quel moment. On a donc la réponse: plus tôt que souhaité. On est en Patagonie quand même, pas (encore) sur une plage brésilienne. On passe donc les pantalons et les vestes imperméables, on range les sacs sous les raincovers et on se met en route.

Au bout d’un kilomètre, on est sous une pluie diluvienne. En bonus, on se prend de méchantes rafales de vent (un peu plus de 100 km/h, annonçait la météo) qui rendent la progression difficile. Au bout d’une grosse heure on a les pieds trempés, nos chaussures ont fini par rendre les armes. Bon, le reste est au sec, c’est déjà ça, mais on commence à se demander ce qu’on est venu faire dans cette galère. On se félicite d’y être ensemble mais on se promet quand même d’assigner en justice les fabricants de textiles prétendument imperméables à notre retour, si retour il y a…

En résumé, on a passé cinq heures assez pénibles, on n’a rien vu de la Patagonie à part un bout de montagne entre deux nuages, nos pieds et les gouttes d’eau qui dégoulinent de nos capuches. On arrive finalement à bon port, on plante la tente sous la pluie et on vole du PQ dans les baños pour en fourrer nos chaussures. Le repas chaud nous remonte un peu le moral avant d’aller se coucher pour une nuit qui sera courte : bourrasques de vent et martelement entêtant de la pluie sur la tente… Quelques photos tout de même :

1er jour: pluvieux et venteux1er jour: pluvieux et venteux1er jour: pluvieux et venteux
1er jour: pluvieux et venteux1er jour: pluvieux et venteux1er jour: pluvieux et venteux
1er jour: pluvieux et venteux1er jour: pluvieux et venteux1er jour: pluvieux et venteux

1er jour: pluvieux et venteux

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Le lendemain, on laisse les sacs dans la tente, puisqu’on dort au même endroit le soir, et on part léger. Au programme: un aller-retour jusqu’au Glaciar Grey (un peu au-dessus du Refugio Grey, sur la carte). Le ciel est nuageux, on ne voit pas loin et le vent est toujours redoutable. Mais, nette amélioration : il ne pleut plus. On peut donc sortir nos têtes des capuches pour admirer le vol paisible des condors. Tout du moins jusqu’aux derniers kilomètres du retour au cours desquels, rebelote : déluge. Pendant la nuit, notre tente de location qui, sans être mauvaise n’est pas redoutable non plus, commence à prendre l’eau par le dessous. Le sol ne parvient plus à absorber toute cette pluie, ça ne pardonne pas. Les photos de la journée :

2ème jour: le Glaciar Grey, qui porte bien son nom2ème jour: le Glaciar Grey, qui porte bien son nom2ème jour: le Glaciar Grey, qui porte bien son nom
2ème jour: le Glaciar Grey, qui porte bien son nom2ème jour: le Glaciar Grey, qui porte bien son nom2ème jour: le Glaciar Grey, qui porte bien son nom
2ème jour: le Glaciar Grey, qui porte bien son nom2ème jour: le Glaciar Grey, qui porte bien son nom2ème jour: le Glaciar Grey, qui porte bien son nom

2ème jour: le Glaciar Grey, qui porte bien son nom

Mercredi, on se réveille avec une bonne, une très bonne surprise : un grand soleil, pas de vent, un temps parfait en somme. Du coup, on découvre en sortant de la tente l’environnement dans lequel on évolue depuis deux jours. Quelqu’un a visiblement appuyé sur l’interrupteur qui allume la Patagonie: c’est grand… La tente a même eu le temps de sécher pendant la nuit. Bref, tout roule et ça tombe bien, on a une grosse journée devant nous. Première étape : aller jusqu’au Campamento Italiano, en bas de la Valle del Francés. Quelques photos:

3ème jour: entre le Campamento Paine Grande et le Campamento Italiano, grand soleil3ème jour: entre le Campamento Paine Grande et le Campamento Italiano, grand soleil3ème jour: entre le Campamento Paine Grande et le Campamento Italiano, grand soleil
3ème jour: entre le Campamento Paine Grande et le Campamento Italiano, grand soleil3ème jour: entre le Campamento Paine Grande et le Campamento Italiano, grand soleil

3ème jour: entre le Campamento Paine Grande et le Campamento Italiano, grand soleil

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Panorama du Lago Skottsberg et du Cerro Paine Grande

Arrivé au Campamento Italiano, on dépose les sacs et on repart léger pour grimper tout en haut de la Valle del Francés. Au passage, la pluie des deux derniers jours s’est transformée en neige au sommet des montagnes. Du coup, des avalanches viennent s’écraser sur le Glaciar del Francés, en contrebas. Impressionnant ! Une vidéo pour vous faire partager:

Vidéo: une avalanche qui part du Cerro Paine Grande pour s'acraser sur le Glaciar del Francés

En remontant la Valle del Francés, on en prend plein les yeux jusqu’à arriver au milieu d’un cirque rocheux gigantesque. Là, vraiment, on sait pourquoi on est venu jusqu’ici. Profitez des photos :

3ème jour: la splendide Valle del Francés3ème jour: la splendide Valle del Francés3ème jour: la splendide Valle del Francés
3ème jour: la splendide Valle del Francés3ème jour: la splendide Valle del Francés3ème jour: la splendide Valle del Francés
3ème jour: la splendide Valle del Francés3ème jour: la splendide Valle del Francés3ème jour: la splendide Valle del Francés

3ème jour: la splendide Valle del Francés

Panorama de la vue en montant la Valle del Francés

Panorama (presque à 360°) de la vue en haut de la Valle del Francés

On récupère ensuite notre attirail au Campamento Italiano et on se lance dans l'ultime étape de cette journée qui nous a déjà bien chauffé les jambes : rejoindre le Campamento Los Cuernos pour la nuit. Arrivé sur place, on découvre qu’on va pouvoir poser la tente sur une plateforme prévue à cet effet.  On anticipe l’avantage du système : pas de remontée d’eau s’il pleut. Rassuré, on plante la tente en remplaçant les sardines par des clous. Des photos de la fin de la journée:

3ème jour: la dernière étape et l'arrivée au Campamento Los Cuernos
3ème jour: la dernière étape et l'arrivée au Campamento Los Cuernos3ème jour: la dernière étape et l'arrivée au Campamento Los Cuernos3ème jour: la dernière étape et l'arrivée au Campamento Los Cuernos
3ème jour: la dernière étape et l'arrivée au Campamento Los Cuernos3ème jour: la dernière étape et l'arrivée au Campamento Los Cuernos3ème jour: la dernière étape et l'arrivée au Campamento Los Cuernos

3ème jour: la dernière étape et l'arrivée au Campamento Los Cuernos

Panorama du Lago Nordenskjold

Jeudi, on se fait réveiller par la pluie. Force est d'admettre que, fatigué par la journée de marche de la veille, on a fort mal analysé l’intérêt de la plateforme : elle n’absorbe absolument pas l’eau, à la différence d’un sol même fortement détrempé. Résultat, on flotte, la tente est irrémédiablement trempée et on n’a d’autre choix que de la remballer en l’état. De plus, comme la plateforme est surélevée par rapport au sol, l’air froid s’engouffre dans l’intervalle : on n’a pas eu fort chaud pendant la nuit. Dernier inconvénient, c’est dur, mais dur… Verdict : si vous trouvez une plateforme dans un camping, ne vous laissez pas stupidement tenter : plantez votre tente à côté! Bon, sur ces réjouissantes considérations, on se lance dans notre quatrième journée de rando. Première étape : rejoindre le Campamento Los Chilenos, où on va passer la nuit. Le temps est mitigé, un poil nuageux, un poil pluvieux, on en prend acte et on décolle. Les photos :

4ème jour: entre le Campamento Los Cuernos et le Campamento Los Chilenos4ème jour: entre le Campamento Los Cuernos et le Campamento Los Chilenos4ème jour: entre le Campamento Los Cuernos et le Campamento Los Chilenos
4ème jour: entre le Campamento Los Cuernos et le Campamento Los Chilenos4ème jour: entre le Campamento Los Cuernos et le Campamento Los Chilenos4ème jour: entre le Campamento Los Cuernos et le Campamento Los Chilenos

4ème jour: entre le Campamento Los Cuernos et le Campamento Los Chilenos

En arrivant à Los Chilenos, on se présente à la réception et, à tout hasard, on demande si deux lits ne seraient pas disponibles dans l’un des dortoirs. Réponse : un seul. On insiste un peu et une deuxième couchette se matérialise soudainement. On s’empresse de réserver ces deux lits salvateurs en déposant la peau de ce sur quoi on s'asseoit d'habitude confortablement à la caisse… Mais franchement, vous n’avez pas idée à quel point on s’est senti léger d’un coup (indépendamment des pesos qui ont quitté nos poches)! La perspective de dormir au sec devrait probablement être intégrée dans les besoins primaires de la pyramide de Maslow.

Là-dessus, on déjeune rapidement et on se met en route pour l’attraction principale du parc : les fameuses Torres. Arrivé en haut, on constate que même dans les nuages, les tours sont franchement impressionnantes, surplombant un lac et un glacier. D’ailleurs, nous allons vous le faire partager :

4ème jour: la montée aux Torres4ème jour: la montée aux Torres4ème jour: la montée aux Torres
4ème jour: la montée aux Torres4ème jour: la montée aux Torres4ème jour: la montée aux Torres
4ème jour: la montée aux Torres4ème jour: la montée aux Torres4ème jour: la montée aux Torres

4ème jour: la montée aux Torres

Panorama des Torres et du Glaciar Torres

 Après une nuit de sommeil sans commune mesure avec les précédentes, il nous reste à rejoindre l’arrivée (laguna Amarga sur la carte) dans un dernier effort. On redescend donc au pied du massif et on avale les derniers kilomètres au milieu des guanacos. On attrape ensuite un bus qui nous ramène à Puerto Natales en une seconde (soit deux heures d’un sommeil lourd). Les photos de la dernière journée :

5ème et dernier jour5ème et dernier jour5ème et dernier jour
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5ème et dernier jour5ème et dernier jour

5ème et dernier jour

De retour à Puerto Natales, une bouteille de vin et une courte nuit de sommeil nous séparent du départ pour Ushuaia, le lendemain aux aurores. Au final, Torres del Paine est un coin à ne manquer sous aucun prétexte si vous passez au Chili. Nous en sommes rentrés fourbus mais heureux d'avoir traversé des paysages incomparables! Allez, à bientôt pour vous raconter Ushuaia.

Bisous !

Tag(s) : #Chili
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