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Bonjour du bord du Pacifique!

Nous voici en effet à la Serena, à un millier de kilomètres au sud de Calama, que nous avions quittée après avoir découvert le désert d'Atacama, via San Pedro. De Calama, une grosse étape de nuit (14h de bus, ça nous manquait...) nous permet de nous réveiller à la Serena, dans la région de Coquimbo. Autant vous dire qu'on n'est pas franchement de première fraîcheur et que le trajet entre le terminal de bus et notre auberge de jeunesse se fait au radar. Bref, on finit par trouver ce qu'on cherche et on se repose juste ce qu'il faut avant de partir découvrir la ville. Posée au bord du Pacifique, elle compte environ 250 000 habitants (et un jardin japonais). On y flâne donc tranquillement, le temps de trouver l'office de tourisme. Après avoir difficilement décrypté ce que nous explique notre interlocutrice (les chiliens sont enjoués au point d'être incompréhensibles!), on se décide pour deux destinations à proximité de la ville, nous y reviendrons.

Là-dessus, et comme il faut bien sacrifier aux plaisirs du Pacifique, quelques kilomètres de marche nous emmènent au bord de l'eau. On y trempe un orteil. Verdict: que frio! Maudit courant de Humboldt. On se cantonne donc sagement au sable sec, d'autant que les panneaux disséminés sur la plage indiquent de forts courants. Soulagés! Nous avons une raison valable de ne pas nous immerger. Sachez que le courant de Humboldt prend naissance près de l'Antactique et longe les côtes chiliennes et péruviennes en diminuant la température de l'eau (en surface) de 6 à 7°C. Pas de baignade donc mais, revers positif de la médaille, il apporte du plancton, ce qui rend les eaux très poissonneuses et attire donc un tas d'animaux marins.

Allez, des photos de la Serena et sa plage:

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La Serena
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La Serena

En terminant notre visite, on glane des renseignements sur la meilleure manière (entendez la plus autonome et la plus économique) de visiter la Reserva Nacional Pingüino de Humboldt, plus au nord. Notre auberge de jeunesse nous a proposé (nous a presque harcelé en fait...) un tour organisé: pas très motivant, d'autant que le tarif est largement décourageant. L'office de tourisme nous a parlé d'un bus mais il est nécessaire de réserver. Impossible de trouver l'agence. Logique, il n'y en a pas, on l'apprendra plus tard. Les réservations se font uniquement par téléphone. On tente notre chance à une cabine téléphonique: échec, triple échec: incompréhensible. Les chiliens parlent plus vite que l'éclair avec un accent que l'on ne maîtrise pas encore. Qui plus est, le mot "despacio" (lentement) ne fait visiblement pas partie du vocabulaire de notre interlocuteur. Bref, on finit, au désespoir, par tenter notre chance du côté d'une agence de tourisme. On explique, un peu gêné, que nous ne sommes pas intéressés par les tours proposés, mais seulement par le bus qui mène à la réserve. Moment de grâce, le tenancier, (plus que) sympathique, attrape son téléphone et passe l'appel pour nous: réservation est prise. On ressort de là un peu abasourdi: ce genre de coup de main, gratuit de surcroît, est assez rare et on ne s'y attendait clairement pas en s'adressant à une agence...

Le lendemain, le minibus le plus miteux qu'on ait jamais pris (on en a sûrement oublié des pires), nous conduit en deux heures de cahots et de grincements à la Punta de Choros, une centaine de kilomètres au nord de La Serena. Arrivés là, nous recroisons le guide de l'agence qui nous avait dépanné la veille: salutations chaleureuses. Il emmène un groupe qui prend le même bateau que nous. On profitera donc de ses explications sans dépenser un peso (hé hé). Ça a d'ailleurs l'air de lui faire assez plaisir!

Bon, quelques mots sur la Reserva Nacional Pingüino de Humboldt: elle comprend trois îles: Chañaras, Choros et Damas, sur une superficie de 889 hectares. Comme son nom l'indique, elle a été créée (en 1990) par la Conaf (Corporaciòn Nacional Forestal) pour offrir un sanctuaire au manchot de Humboldt, espèce menacée en raison de la surpêche et de l'exploitation du guano (fiente de certaines espèces d'oiseaux) sur son habitat. La bête mesure 60 à 70 cm de haut pour 4 à 5 kg.

On embarque donc à Punta de Choros, direction la Isla de Choros, que l'on contourne en bateau. Feu d'artifice: on croise donc des manchots, trois espèces différentes de cormorans, des lions de mer, des loutres, et tout un tas d'oiseaux marins dont les noms en espagnol ne nous ont pas évoqué de traduction française. Notez que le fameux guano est présent en abondance sur certains rochers... Ça se sent par moment! De même, les lions de mer refoulent méchamment. Paradoxal pour un animal qui passe sa journée à prendre des bains.

Ensuite, direction l'Isla Damas, on l'on accoste. On s'y promène pendant l'heure accordée par la Conaf en profitant des chouettes paysages (qui manquent de soleil) et des nombreux oiseaux qui y nichent. Quelques photos:

Reserva Nacional de Pingüino de HumboldtReserva Nacional de Pingüino de HumboldtReserva Nacional de Pingüino de Humboldt
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Reserva Nacional de Pingüino de Humboldt

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Le lendemain, on se décide pour une visite de la Valle de l'Elqui, de nouveau à une centaine de kilomètres de La Serena. Dans les terres cette fois. La vallée de l'Elqui est le haut lieu de la production du pisco au Chili. Vous souvenez-vous que nous évoquions, dans un article péruvien, la rivalité qui dévore le Pérou et le Chili au sujet de cet alcool de raisin? Bref, on attrape un bus pour Pisco Elqui, bourgade de la vallée (sans difficulté cette fois, il faut croire que le pisco est plus attrayant que les pingouins... il faut dire aussi qu'il y a pas mal de villages dans la vallée de l'Elqui tandis que la Punta de Choros est un coin du Chili franchement isolé). Notez que le pueblo de Pisco Elqui a pris successivement différents noms. Il s'est en effet appelé "la Greda" jusqu'en 1673 avant de prendre le doux nom de "la Union", hommage à la solidarité entre les habitants du secteur lors d'une épidémie de variole. En 1936, à l'initiative de trois députés locaux, "Pisco Elqui" est adopté pour promouvoir la zone de production du fameux alcool.

Bref, on descend donc du bus pour se retrouver au milieu de montagnes de la précordillère (le village est à 1300 m d'altitude) plus qu'arides, une fois de plus. Au milieu, l'Elqui a creusé son lit, ce qui permet la culture d'arbres fruitiers et de vignes. Une chouette ballade, qui aurait sûrement gagnée à se faire sous le soleil, nous conduit al Fundo de Nichos, l'une des plus anciennes distilleries artisanales de pisco du Chili. On la visite et, comme il se doit, on passe par la case dégustation. Difficile malgré tout de départager le Pérou et le Chili. Le pisco est un alcool relativement mauvais lorsqu'il est consommé pur, et le passage d'une frontière n'y change rien... Désolé!

Sans rancune, nous repartons en direction du village, pas suffisamment échaudés par la dégustation pour croiser le soleil. Au retour à la Serena, nous vivons notre premier tremblement de terre chilien: 6,4 sur l'échelle de Richter. Ça secoue bien! Inconvénient que la presse, sélective, ne relate jamais dans de telles situations: ça fait mousser la bière...

Quelques photos de cette journée dans le patrimoine alcoolique chilien:

La Valle del ElquiLa Valle del ElquiLa Valle del Elqui
La Valle del ElquiLa Valle del ElquiLa Valle del Elqui
La Valle del ElquiLa Valle del Elqui

La Valle del Elqui

Le lendemain, et après avoir maudit les hollandais (qui eux semblent apprécier le pisco, faute de goût) qui réveillent tout notre dortoir à 4h du matin, on décolle pour Valparaiso, encore plus au sud. Bien entendu, on vous racontera tout ça!

Bisous!

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Tag(s) : #Chili
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