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Bonjour à tous.

Quelques nouvelles de La Paz où nous étions du 4 au 8 septembre. Nous y sommes arrivés après nos 4 jours de découverte de l’altiplano et 10h de bus de nuit depuis Uyuni. Précisons que cet article est écrit à Coroico, dans les Yungas (qui feront l’objet d’un autre article) et qu’il sera publié d’encore ailleurs, faute de connexion internet à Coroico. Pour l’heure, c’est la tempête dans les Yungas et un orage dans une vallée encaissée à 1750m d’altitude, ça fait du bruit, c’est impressionnant et ça laisse le temps d’écrire.

La Paz, donc, est située à 3660m d’altitude (mas o menos, plus ou moins, puisqu’il y a quelques centaines de mètres de dénivelé entre le bas et le haut). C’est la plus grande ville du pays, nous diront les boliviens, à égalité en fait avec Santa Cruz de la Sierra dont nous avons déjà parlé. C’est aussi la capitale économique et le siège du gouvernement d’Evo Morales. Nuestra Señora de La Paz (Notre Dame de La Paix) a été fondée en 1548 par… un conquistador : Alonzo de Mendoza. A l’origine, la ville occupe le territoire de l’actuel village de Laja, sur la route de Tiwanaku (on en reparlera) avant d’être déplacée à son emplacement actuel, le lit du Rio Choqueyapu, qui contenait de l’or (les conquistadores sont surprenants, non ?!). Le rio en question est aujourd’hui largement enterré sous la ville. Tant mieux, il est absolument immonde et recueille les déjections et les déchets des habitants de la ville. En chiffres, pour les amateurs, ça donne chaque année 500 000l d’urine, 200 000 tonnes d’excréments humains et d’autres millions de tonnes de cadavres d’animaux, de détritus divers et de toxiques industriels. Charmant, passons, on n’est pas venu pour se baigner. Sachez toutefois que malgré une épidémie de choléra il y a quelques années, aucune loi n’interdit les rejets dans le rio.

Bref, on y arrive vers 7h du matin, par le haut de la vallée et on est étourdi d’entrée. Imaginez une ville accrochée aux parois du lit d’une rivière de haute montagne, avec une vue sur les sommets (quelques dizaines à plus de 6000m) enneigés des cordilleras environnantes. Ca reste une ville, mais c’est beau. Notez au passage que La Paz est l’une des seules villes du monde où les riches vivent en bas et les pauvres en haut.

De la gare routière, on gagne notre hostal et, bien vannés, on est contents de pouvoir s’y installer, la chambre est déjà disponible. Anecdote : on a précisé « lune de miel » dans notre réservation (vrai ou pas, n’hésitez pas à le faire, ça donne souvent droit à une chambre plus sympa au même prix ou autres avantages) et on a donc droit à une bouteille de mousseux servie sur glaçons à 8h30 du matin. On se regarde, on hésite, et on finit raisonnablement par opter pour une douche et quelques heures de sommeil : les pistes boliviennes nous ont bien cassés, on se garde la bouteille pour plus tard.

Et figurez-vous qu’on a presque rien fait de la journée. Honteux, non, on a la chance d’être en Amérique du Sud et on se repose une journée… Bon, on est quand même passé à l’ambassade française où on était attendu pour récupérer une nouvelle carte bancaire (la précédente ayant été piratée au Brésil, longue histoire). Plus quelques achats souvenirs, un repas (l’occasion de rôder notre espagnol pour refuser le prix spécial gringos), et on était de nouveau couché.

Le lendemain, on continue à travailler notre espagnol à la poste centrale de La Paz pour envoyer un colis au pays. Ensuite, on se promène dans la ville, histoire de visiter un peu. Re-anecdote : on passe devant l’un des bâtiments les plus hauts de la ville et l’une d’entre nous décide qu’il serait sympa de grimper voir la vue d’en haut. L’autre (comme souvent…) se charge de demander si c’est possible au portillon. Il faut voir avec un agent de sécurité. On entre, même discours, réponse: faut voir. On nous emmène dans les sous-sols du bâtiment, on pose la question à une secrétaire qui la repose à une autre qui entre sur la pointe des pieds dans le bureau du directeur exécutif de l’edificio. Au passage, on note qu’il y a des photos d’Evo Morales partout… Il s’agit en fait d’un bâtiment gouvernemental qui héberge cinq ministères boliviens. Si on avait su, on n’aurait peut-être pas tenté la visite… Mais on y est, on montre patte blanche (passeports) et on nous autorise à grimper, un poil surpris par notre requête. On nous appelle le responsable de la sécurité de l’immeuble, rien moins, qui, très sympa nous fait monter et nous accorde près d’une heure. Au programme : discussion sur la nouvelle constitution bolivienne, les différentes cultures qui composent l’état plurinational, explication de ce qui a changé avec Morales, détails sur les inégalités entre écoles privées et publiques, présentation du système carcéral bolivien, historique de la ville, etc… Passionnant et enrichissant, on ne regrette pas d’avoir tenté notre chance. Bien sûr, on profite aussi de la vue.

On redescend et on passe l’après-midi à visiter la ville, impressionnante. La Paz est un marché géant, toutes les rues sont couvertes d’échoppes de tout et de rien. D’ailleurs, il est temps de vous apprendre que les supermarchés n’existent quasiment pas en Bolivie. On apprend que les Aymaras (la culture la plus représentée à La Paz) sont des commerçants nés et qu’il faut faire attention qu’ils ne nous vendent pas quelque-chose dont on n’a pas besoin. On sait refuser, c’est l’activité principale d’un gringo en Bolivie. Allez, trêve de bavardages, quelques photos de La Paz :

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La Paz
La PazLa PazLa Paz
La PazLa PazLa Paz

La Paz

Un premier panorama de La Paz

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Le lendemain, on s’exile vers Tiwanaku, à quelques dizaines de kilomètres de La Paz (1h30 en minibus). Quelques explications : les historiens ne savent pas grand-chose sur le peuple qui édifia ce centre cérémoniel il y a plus de 1000 ans (à l’époque sur la rive du Titicaca, mais plus aujourd’hui : les lacs bougent, comparez celui de Wildenstein en été et en hiver pour vous en convaincre, et multipliez l’échelle par beaucoup et la durée par énormément ; amis scientifiques, pardon). La civilisation en question semble pourtant être apparue environ 600 ans avant JC pour disparaître vers 1200. Des traces de sa présence ont été retrouvées dans toute la région qui devint plus tard le vaste empire inca.

Toujours est-il que la majorité des trésors de Tiwanaku ont été dispersés aux quatre coins de la planète ou détruits. Devinez qui a pillé l’or : vous connaissez la réponse ? Non ?!?! Les conquistadors, suivez un peu ! Les bâtiments ont été en grande partie démontés et les pierres réutilisées pour construire des édifices coloniaux, voire pour stabiliser des voies ferrées boliviennes.

Au plus fort, la cité de Tiwanaku compte 20 000 habitants et ce qu’il en reste aujourd’hui constitue la plus grande réalisation architecturale pré-inca d’Amérique du Sud. Une discussion avec un gardien sur les techniques architecturales nous bluffera d’ailleurs. Deux musées présentent aussi de gigantesques monolithes. Re-re-anecdote : les photos sont interdites mais moyennant quelques bolivianos au surveillant (il le propose spontanément), il fait le guet pendant que les visiteurs mitraillent. Bref, encore une journée intéressante (accessoirement on découvrira que la différence de tarif extranjeros / nacionales peut atteindre 1 pour 8) et place à quelques photos :

TiwanakuTiwanaku
TiwanakuTiwanaku
TiwanakuTiwanaku

Tiwanaku

Samedi, on part à la visite de la Valle de la Luna, à une dizaine de kilomètres sur les hauteurs de La Paz. Encore un paysage déchiqueté qui nous rappelle la Ciudad del Encanto à proximité de Tupiza (en beaucoup moins immense quand même). Jetez un œil :

Valle de la LunaValle de la Luna
Valle de la LunaValle de la LunaValle de la Luna

Valle de la Luna

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L’après-midi, après avoir longtemps (longtemps, longtemps !!) galéré pour trouver le départ de la rando (c’est rare, mais là on a eu tellement d’infos différentes en se renseignant qu’on a eu du mal à les recouper), on s’élève de quelques centaines de mètres (c’est toujours aussi dur à cette altitude). On arrive au pied de la Muela del Diablo (la molaire du diable). Impossible d’y grimper sans matériel d’escalade, on le savait, et on opte donc une crête avoisinante qui nous offre une belle vue double : d’un côté, La Paz, de l’autre la Muela del Diablo. Quelques photos et panoramas :

Muela del DiabloMuela del DiabloMuela del Diablo
Muela del DiabloMuela del Diablo
Muela del DiabloMuela del Diablo

Muela del Diablo

Et celle sur la Muela del Diablo

Voici qui conclut ces quelques jours à La Paz. Dimanche, direction Coroico (d’où cet article est écrit), une étape imprévue comme il y en a de plus en plus (on aime vraiment la Bolivie) et comme il y en aura sûrement encore.

Bref, on vous racontera Coroico si la tempête se calme.

Bisous !

Tag(s) : #Bolivie
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