Bonjours lecteurs !
Des nouvelles de Coroico. Comme l’article sur La Paz, celui-ci est écrit de Coroico et sera publié d’encore ailleurs, le temps de dégoter une connexion internet.
Nous sommes donc dans ce que l’on appelle les Yungas : la zone de transition entre l’altiplano et les plaines tropicales humides. En résumé : au-dessus : froid, venteux et aride (cf les articles sur l’altiplano et la Cordillère des Andes) ; en dessous : chaud, humide, étouffant et luxuriant ; ici : des versants quasi verticaux par endroit, qui font obstacle aux nuages et provoquent des précipitations fréquentes. L’eau et les températures élevées sont donc favorables à la culture des fruits tropicaux, du café (excellent au demeurant), du cacao, du tabac et, n’oubliez pas que nous sommes en Bolivie : de la coca. La faune y prolifère aussi, surtout les oiseaux (pero los mosquitos tambien, que pena…).
Coroico, avec ses 2500 habitants, est un peu une métropole, à l’échelle des Yungas, où la population se regroupe majoritairement dans des hameaux ou des petits villages. La ville ressemble en fait à une paisible bourgade de montagne perchée sur un épaulement rocheux. On y profite d’une belle vue sur des gorges tapissées de végétation, de parcelles agricoles et sur quelques villages alentours. Lorsque le ciel est dégagé (plutôt rare pendant notre séjour), on voit les sommets enneigés des cordilleras, 3000 à 4000m au-dessus.
Bref, on y arrive en minibus depuis La Paz (2h30 de descente, 2000m de dénivelé) en empruntant une route vertigineuse qui dévale des vallées plus encaissées les unes que les autres. Le changement d’environnement est flagrant, à mesure qu’on descend. On apprécie le goudron de la route (rare dans le pays), les glissières de sécurité (première fois qu’on en voit), et les pneus encore valides du minibus (encore plus rares que le goudron). Sur le versant opposé : le même genre de route mais sans goudron ni glissière, qui serpente le long de précipices de plusieurs centaines de mètres de profondeur. Renseignements pris, il s’agit de la route communément nommée « route la plus périlleuse du monde » ou « route de la mort », dont vous avez peut-être déjà entendu parler (il y en a sûrement d’autres dans le vaste monde). La route que l’on emprunte a été construite pour mettre fin aux accidents mortels qui se produisaient chaque année sur l’ancienne piste. Comme diraient certains: on s’en félicite !
Que dire de Coroico ? Pas grand-chose. On passe surtout notre séjour à profiter du climat et on s’organise deux belles randos. Quelques photos de Coroico (pas fameuses, comme celles qui suivent, désolé):
La première rando nous mène au Cerro Uchumachi, 800 mètres au-dessus de Coroico. La montée, d’une traite, nous permet d’apprécier la concentration en oxygène de l’air à cette altitude, ça change de l’altiplano (MàJ : on m’informe à l’instant que c’est discutable…). L’arrivée au sommet nous offre une vue plongeante sur la vallée : c’est beau (pas sûr que les photos rendent justice à la vue, temps mitigé et brume tenace obligent). On ne traîne pas trop, on espère passer entre les gouttes à la descente (espoir déçu). Le chien que vous croiserez sur les photos nous a suivi pendant toute la rando. C'est fréquent en Bolivie où les chiens errants sont légion.
Panorama de la vue depuis le Cerro Uchumachi
Le lendemain : direction Las Cascadas, trois cascades superposées plus loin dans la vallée. Belle rando aussi, découverte d’une autre vallée, de ses fermes et de ses champs de coca. Pas de montée ardue cette fois, mais un chemin parfois difficile à suivre, rapport à la luxuriance de la végétation. Heureusement, deux gars s’occupent de débroussailler. Enfin, en tout cas il y avait des débroussailleuses à côté d’eux à l’endroit où ils étaient allongés, occupés à mâchouiller de la coca. Entre l’aller et le retour, ils n’avaient pas bougé d’un millimètre : mimétisme parfait. On les comprend, il fait chaud quand on bouge, mieux vaut donc s’abstenir, pragmatique. A l’arrivée, la cascade est moins impressionnante que dans nos rêves les plus fous (on n'est pas dans la saison pluvieuse, malgré les fréquentes averses), mais on a quand même traversé de chouettes paysages. Notez que, de manière générale, il est toujours agréable et intéressant de discuter avec les boliviens (on s’en doutait…), qui sont chaleureux, souriants, et fiers de parler d’eux et de leur pays. En rando spécifiquement, il est très poilant de leur demander son chemin et le temps de marche ou la distance restants : on peut ensuite faire des paris sympas sur le multiplicateur à utiliser pour s’approcher de la réalité (2 est un bon chiffre, 3 n’est pas mal non plus, il arrive exceptionnellement que 5 soit plus juste). Quelques photos:
Après Coroico, retour à La Paz pour une nuit, étape incontournable avant de repartir pour Copacabana (le vrai, pas le timide ersatz brésilien), au bord du lac Titicaca.
Une petite mise à jour, tout de même: le retour Coroico - La Paz s'est finalement fait pas la "route de la mort" suite à un choix du chauffeur dont les motivations nous échappent. Impressionnant, on a essayé de profiter du paysage (vertigineux) et on a perdu un peu d'eau.
On vous en dira plus sur Copacabana. Bisous !