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Salut à tous!

Nous voici au bord Titicaca, qui est traversé par la frontière entre la Bolivie et le Pérou. Pour le moment, nous sommes à Copacabana, côté bolivien, avant de passer la frontière dans quelques jours. Sachez que le Titicaca est le plus grand lac d'altitude du monde (à 3812 m). Quelques chiffres, pour que vous vous rendiez compte de ses dimensions hors normes: 8562 km², 204 km de long sur 65 de large, une profondeur moyenne de 107 m (maximale de 327 m), 893 milliards de mètres cube d'eau douce, 1125 km de rives, 25 rivières l'alimentent et il accueille une quarantaine d'îles.

Un peu d'étymologie, maintenant, plusieurs options peuvent expliquer l'origine du nom Titicaca:

- Titi Khar'ka (roc du puma en aymara), du nom d'un rocher de l'Isla del Sol, centre originel de la civilisation inca. On en reparlera dès qu'on y sera allé. Pour vous résumer la légende: les hommes vivaient heureux dans une vallée fertile mais avaient l'interdiction de monter dans la montagne. Le diable, les menaçant d'un terrible malheur, les incita à gravir la montagne pour y chercher un feu sacré. Les Apus (dieux de la montagne), furieux de la désobéissance des hommes, firent surgir des pumas qui dévorèrent la population. Inti, le dieu du soleil, pleura pendant 40 jours et 40 nuits (ça ne vous rappelle rien?), ce qui créa le Titicaca.

- Titijaya (puma de pierre en aymara toujours), en référence aux pumas noyés et transformés en statues de pierre d'une autre légende. Titijaya signifie aussi homme de cendre, en référence cette fois aux sacrifices humains des habitants en offrande à Ayuma, dieu de la vie et de la mort.

Copacabana, maintenant, est historiquement une ville inca. Après la disparition de la culture de Tiwanaku (cf article sur La Paz), les Kolla (ou Aymara) prirent le pouvoir dans la région. Des idoles furent érigées sur les berges de la péninsule Manco Capac, dont une statue dotée d'un visage d'homme et d'un corps de poisson: Kota Kahuaña (ou Copacabana), qui signifie "vue sur le lac" en aymara. Lorsque les Aymaras furent intégrés à l'empire inca, la colonie de Copacabana devint une halte sur le chemin du rocher du puma de l'Isla del Sol, dédié aux sacrifices humains. On vous passe cette fois l'étape palpitante de l'arrivée des espagnols.Notez toutefois que Copacabana se transforma en lieu de pèlerinage en raison de la présence dans la cathédrale de la vierge noire du lac (Virgen Morena del Lago).

Tout cela pour vous dire qu'on arrive à Copacabana après quelques heures de bus depuis La Paz, samedi. Pendant le trajet, on franchit le détroit de Tiquina, qui sépare le lac mineur du lac majeur: nous sur une frêle embarcation, le bus sur un bac non moins frêle. On pose notre bardas et on part se promener dans la ville: touristique, mais agréable tout de même. On visite la cathédrale, surprenante avec son architecture mauresque. On en profite pour jeter un oeil (de loin, messe oblige) à la vierge noire. On poursuit vers Intikala où se trouvent des vestiges incas. On y a droit aux intéressantes et spontanées explications historiques d'un jeune homme qui traîne par là: merci à lui! On descend ensuite sur la seule plage de Bolivie, au bord du lac, on constate que personne ne se baigne, on suit le mouvement: eh oui, l'eau d'un lac à 3800m, c'est froid! Sur une idée de génie de l'une d'entre nous, on loue un pédalo, on se fait emporter par le vent, on échoue quelques centaines de mètres plus loin sur la plage mais on survit. On s'en réjouit et ça nous permet de se remettre à l'effort physique en altitude: que du positif! Pour ne pas s'arrêter en chemin, on s'offre une belle grimpette jusqu'au Cerro Calvario: ça monte sec! On y boit l'apéro devant le coucher de soleil, c'est chouette! Quelques photos de cette première journée:

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CopacabanaCopacabana
CopacabanaCopacabanaCopacabana
CopacabanaCopacabana

Copacabana

Le lendemain, dimanche, on part visiter Horca del Inca, un observatoire préinca. Horca del Inca forme une sorte de porte perchée sur le sommet d'un rocher. La structure est entourée de roches percées qui laissent filtrer les rayons du soleil jusqu'au linteau de la porte le 21 juin, solstice d'été et jour du nouvel an aymara.
En partant, on passe devant la cathédrale et on assiste à une scène étrange: des dizaines de véhicules, couverts de fleurs, sont aspergés d'alcool. Un curé ouvre les portes et arrose l'intérieur d'eau bénite et bien sûr, empoche les dons. Etrange, non? Renseignements pris, il s'agit en fait d'une bendicion de movilidades (bénédiction de véhicules), qui garantit la sécurité des conducteurs et des passagers: moins cher qu'un contrat d'assurance...
Bref, on continue et, après une belle montée, on arrive sur les roches déchiquettées d'Horca del Inca. On profite du sympathique paysage sur la ville et on choisit de poursuivre notre ballade, qi deviendra finalement une belle rando. On opte pour la découverte de la langue de terre située à l'est de Copacabana et qui ferme un côté de la baie. A un moment donné, plus de chemin. Habitués à ce genre de situations, on coupe à travers champs et on passe à proximité d'une fermette. On manque de se faire dévorer vivants par quatre molosses aux dents bien acérées: petite frayeur, sprint, et on reprend tranquillement notre route. Après quelques bons gros kilomètres sur une crête, on arrive à destination, on se pose, on observe un moment les rapaces locaux et le paysage: le lac paraît sans fin, c'est déroutant. Puis retour à Copacabana, bien contents de notre rando. Quelques photos de tout ça:

Horca del Inca et la rando qui va avecHorca del Inca et la rando qui va avecHorca del Inca et la rando qui va avec
Horca del Inca et la rando qui va avecHorca del Inca et la rando qui va avecHorca del Inca et la rando qui va avec

Horca del Inca et la rando qui va avec

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La vue sur Copacabana depuis Horca del Inca

Un panorama du Titicaca

Lundi, destination le deuxième côté de la baie, nommé Peninsula. Plus longue, cette péninsule fait une bonne vingtaine de kilomètres. On choisit de se rendre à Yampupata, tout au bout, et de revenir à pied. Faute de minibus, on opte (c'est plus que rarissime) pour un taxi qui nous dépose à l'endroit voulu. Une discussion avec un pêcheur nous apprendra que deux possibilités s'offrent à nous: longer la côte ou passer par la montagne. Hardis, on opte pour la seconde proposition et on commence donc notre ascension au milieu des cultures en terrasse. Pas facile de distinguer un ancien chemin inca qui serpente entre des murs de pierre au milieu de cultures en terrase séparées par... des murs de pierre. On se perd donc, comme il se doit, et on ajoute en bonus quelques kilomètres à un projet déjà ambitieux. Bref, on arpente la peninsula en se gavant des immenses paysages qui s'offrent à nous. Notamment l'ilsa de la luna, qui est la deuxième île proche de Copacabana (la première étant l'isla del sol: dans la culture inca, la lune et le soleil sont mariés). Voyez les photos qui suivent, c'est franchement gigantesque.Notez que par endroits, le lac Titicaca ressemble un poil à la côte de la Méditerranée. Pourtant on est à 3800m, surprenant. On finit par rejoindre Copacabana, bien vannés et en ayant pris toute la mesure du courage des agriculteurs boliviens (Baptiste, si tu veux économiser sur l'achat de matériel agricole, tu sais quoi faire). Allez, les photos:

La Peninsula de CopacabanaLa Peninsula de CopacabanaLa Peninsula de Copacabana
La Peninsula de CopacabanaLa Peninsula de CopacabanaLa Peninsula de Copacabana
La Peninsula de CopacabanaLa Peninsula de CopacabanaLa Peninsula de Copacabana

La Peninsula de Copacabana

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Prochaine étape, Isla del Sol, à quelques encablures de Copacabana, notre dernière étape en Bolivie avant de partir découvrir le Pérou.
A bientôt.

Tag(s) : #Bolivie
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