Salut, lecteurs!
Quelques nouvelles d'Ouro Preto, que nous quittons cet après-midi pour boucler la boucle commencée à Rio de Janeiro il y a un peu plus de six mois. Arrivés de Paraty en deux étapes (changement de bus à Rio de Janeiro) qui nous aurons permis d'accumuler encore un peu plus de 11 heures de bus, on commence par... se recoucher. Eh oui, le bus ça fatigue et on est arrivé à Ouro Preto peu après 6h du matin. Qui plus est, on s'est un peu fait plaisir sur notre dernier logement, autant en profiter!
Que savoir d'Ouro Preto, dans l'état du Minas Gerais? Tout d'abord, et pour comprendre la suite, notez que Minas Gerais signifie quelque chose comme mines générales. L'état est le premier producteur de fer et de pierres précieuses du pays. Sa capitale est aujourd'hui Belo Horizonte qui a succédé à... Ouro Preto.Eh oui, Ouro Preto fut fondée vers la fin du XVIIème siècle par les bandeirantes (pionniers) qui y avaient découvert un chouette gisement d'or. Pas moins de 1 200 tonnes du précieux métal en furent extraites! Sans compter le fer et les pierres précieuses. Du coup, la ville devint une enclave minière fermée à double tour. Il fallait en effet un permis de séjour délivré par le roi du Portugal pour y séjourner. Cet eldorado brésilien assura la richesse du Portugal et devint, en 1720, la capitale de l'état. L'or extrait était d'ailleurs acheminé à Paraty (cf l'article précédent) avant de rejoindre Lisbonne. Que fait-on, à cette période, dans une ville extrêmement riche? On construit des églises, bien sûr! D'où le nombre d'édifices de style baroque et rococo que l'on croise encore aujourd'hui au détour des ruelles. Comme tous les bons filons, ceux d'Ouro Preto ont fini par s'épuiser, à la fin du XIXème siècle. C'est à cette époque que la ville fut détrônée par Belo Horizonte qui devint capitale de l'état.
Historiquement toujours, Ouro Preto est le berceau de l'indépendance du Brésil: la ville fut le théâtre de la première lutte pour l'indépendance. Le Movemento dos Inconfidêntes (mouvement des infidèles) y apparaît en effet vers 1790. Surtout composé d'intelectuels et d'officiers, il proteste contre les impôts trop lourds et l'arrogance du pouvoir colonial portugais. Les réunions et les débats secrets connurent un succès croissant jusqu'à la découverte de la conjuration et son démantèlement. Son chef, Tiradentes (qui a donné son nom a la place centrale de la ville) fut pendu à Rio (en 1792) puis écartelé avant que les fragments de son corps ne soient dispersés à Ouro Preto. On ne fait pas les choses à moitié à l'époque. Enfin, à l'époque... On pourrait douter que les choses aient réellement changé en jettant un oeil à l'actualité récente de l'Ohio!
Bref, aujourd'hui, Ouro Preto vit encore de l'extraction de pierres précieuses et de ses mines de fer. La ville, nichée dans un paysage de montagnes et de vallons, a été intégralement classée au Patrimoine Culturel de l'UNESCO en 1980.
On passe donc deux jours à se promener dans ses ruelles pavées et escarpées qui accueillent une multitude de maisons coloniales aux façades blanches, aux encadrements de fenêtres colorées, aux balcons en fer forgé et aux toits de tuile rouge pâtinée. Chouette! Et bien sûr, un nombre incalculable d'églises et de chapelles. On en visite quelques unes et on s'arrête aussi au musée des infidèles et à la Casa dos Contos qui servit successivement d'hôtel particulier, de prison, de fonderie d'or, de trésorerie royale puis de musée, donc.
En somme Ouro Preto est une ville charmante où l'on ne regrette pas de s'être arrêté et dont voici quelques photos:
Là-dessus, on ressaute dans un bus qui nous emmène à Rio où il nous reste quelques jours pour profiter du Brésil.
Bisous, lecteurs!